Graisse sous-cutanée : comment cibler les zones tenaces ?


Ce que nous appelons communément la « graisse » est en réalité de la graisse sous-cutanée : celle que l’on voit, que l’on peut pincer, et qui dessine notre silhouette. Souvent source de complexes, elle peut être particulièrement tenace, notamment lorsqu’elle s’installe dans certaines zones résistantes, malgré une alimentation équilibrée et une pratique régulière du sport. Heureusement, des solutions médicales ou chirurgicales existent aujourd’hui pour mieux la comprendre, la réduire, ou simplement apprendre à mieux vivre avec. On fait le point.

Définition : qu’est-ce que la graisse sous-cutanée ?

La graisse sous-cutanée (aussi appelée graisse cutanée) correspond à la graisse située entre la peau et les muscles. En clair : c’est la graisse que l’on voit, contrairement à la graisse viscérale, plus profonde. Cette dernière est logée autour des organes, dans la zone de l’abdomen, et se manifeste souvent par un ventre légèrement gonflé et plutôt dur.

La graisse sous-cutanée, elle, peut se loger partout : fesses, cuisses, ventre, bras, seins… Et sa localisation est largement influencée par la génétique. Certaines personnes stockent principalement au niveau du ventre, d’autres au niveau des hanches ou des cuisses.

Et ces graisses ont leur utilité : « Elles servent de réserve énergétique, d’isolant thermique et d’amortisseur mécanique », explique l’experte. Chez la femme, elles participent aussi à l’équilibre hormonal.

Donc, vous l’aurez compris : ces graisses ne sont pas néfastes, bien au contraire. « C’est tout l’inverse des graisses viscérales, qui sont, elles, plus problématiques pour la santé », ajoute la chirurgienne.

Graisses viscérales : plus dangereuses que les graisses cutanées

Les graisses viscérales (qui entourent les organes au niveau de l’abdomen) sont métaboliquement actives. Elles libèrent des substances inflammatoires et hormonales qui, en excès, augmentent le risque de maladies cardiovasculaires ou encore de troubles hépatiques. Mais attention : qu’il s’agisse de graisse viscérale ou de graisse sous-cutanée, un excès ne présage rien de bon.

« L’excès de masse grasse traduit une alimentation trop riche ou déséquilibrée, et donc une augmentation du risque cardiovasculaire », rappelle la docteure Yaël Berdah.

D’un point de vue santé, un tour de taille important (où graisse viscérale et sous-cutanée s’accumulent) est donc plus préoccupant qu’une taille fine avec une culotte de cheval, par exemple.

Coupe transversale de l'abdomen montrant muscles, graisse viscérale et graisse sous-cutanée.

© Istock / Getty image plus / © Vadim Maslov


Comment savoir si c’est de la graisse sous-cutanée ?

Bonne nouvelle : la graisse sous-cutanée est facile à repérer. C’est celle que vous pouvez pincer entre deux doigts, au niveau du ventre, des cuisses, des fesses, des hanches… Elle donne souvent une impression de peau plus souple, parfois un peu celluliteuse, surtout chez les femmes.

« Si vous ne parvenez pas à la pincer au niveau de l’abdomen, ou si la zone semble plutôt être aspirée vers l’intérieur quand vous rentrez le ventre, il s’agit probablement de graisse viscérale », explique la spécialiste. Cela ne veut pas dire qu’il y a un problème de santé, mais cela suggère une graisse plus profonde, qu’on ne voit pas mais qui peut avoir des répercussions métaboliques sur le long terme.

Mais attention ! Chez les personnes sportives ou musclées, la couche de graisse sous-cutanée peut être très fine et plaquée contre les muscles, ce qui la rend plus difficile à pincer, sans que ce soit pour autant de la graisse viscérale. C’est particulièrement vrai sur les fesses ou les cuisses, où le muscle est dense.

Un petit ventre, sans graisse visible : d’où ça vient ?

Vous avez le ventre un peu arrondi ou gonflé, sans pour autant pouvoir pincer de graisse sous la peau ? Plusieurs explications sont possibles. Il peut s’agir de ballonnements, fréquents en cas de troubles digestifs ou de stress chronique. Mais cela peut aussi refléter une accumulation de graisses viscérales, surtout si l’alimentation est déséquilibrée ou en lien avec un passé de troubles alimentaires (comme une anorexie ou des régimes yo-yo), qui peuvent perturber durablement le métabolisme. Dans ce cas, le ventre paraît gonflé ou « dur », même si la silhouette reste fine. En cas de doute persistant, le mieux est encore de consulter un médecin.

Comment mesurer la graisse sous-cutanée ?

On peut estimer l’importance de la graisse sous-cutanée avec une balance impédancemètre, qui donne un taux de masse grasse globale, ou en mesurant le pli cutané avec un adipomètre. Les examens médicaux comme l’IRM ou le scanner permettent une analyse plus précise, mais sont rarement nécessaires en dehors d’un contexte clinique.

Pourquoi vouloir perdre de la graisse sous-cutanée ?

Si elle n’est pas néfaste pour la santé alors pourquoi vouloir s’en débarrasser ? Tout simplement pour des raisons esthétiques.« Surtout lorsque la silhouette est déséquilibrée, avec par exemple une culotte de cheval marquée ou des bourrelets localisés. Ces zones peuvent être très résistantes à la perte de poids conventionnelle, en raison de la morphologie propre à chaque individu », selon Yaël Berdah.

Mais il y a aussi une dimension santé à ne pas négliger. Un excès important de graisses sous-cutanées peut aussi être le signe d’une alimentation trop riche ou déséquilibrée. “Même si cette graisse n’est pas inflammatoire comme la graisse viscérale, elle reste un marqueur à surveiller, surtout si elle s’accumule rapidement”, selon l’experte.

L’importance de la répartition de la graisse cutanée

La répartition de la graisse cutanée peut être trompeuse. Certaines personnes, par exemple, peuvent avoir de longues jambes fines voire un thigh gap même à un poids normal, ce qui leur donne une impression de corps très mince, un « faux skinny ». Dans ce cas, la silhouette peut paraître fine, mais la graisse est tout de même présente, notamment au niveau du ventre ou des hanches. Ce phénomène n’est pas un problème en soi, mais il peut inciter à surveiller son poids pour des raisons de santé.

À l’inverse, d’autres individus accumulent de la graisse au niveau des fesses et des cuisses alors même que le haut du corps et le ventre restent minces, ce “faux fat” peut créer des complexes si cela ne correspond pas à un idéal esthétique. Ces personnes doivent cependant éviter de tomber dans les pièges de la dysmorphophobie ou des troubles du comportement alimentaire (TCA).

Un régime hypocalorique pour cibler les graisses cutanées ?

Oui, un régime légèrement hypocalorique peut aider à réduire les graisses sous-cutanées. Mais attention : si une zone est génétiquement programmée comme “zone de stockage” (comme les cuisses ou les hanches), elle restera toujours un peu plus développée, même après une perte de poids qui elle sera globale, prévient la diététicienne Sandra Ferreira.

L’idéal n’est pas de s’affamer, mais de consommer légèrement moins que ses besoins tout en conservant une alimentation équilibrée : des protéines (viandes, poissons, œufs, légumineuses, représentant environ un quart de l’assiette), une petite portion de céréales complètes (quelques cuillères à soupe), des légumes en abondance, de bonnes graisses, et le moins possible de sucres raffinés ou d’aliments transformés.

Les régimes déséquilibrés (comme les régimes cétogènes ou hyperprotéinés) peuvent perturber le métabolisme, surtout s’ils sont mal encadrés ou non adaptés à vos besoins.
Ne pas avoir faim est essentiel : en cas de fringale, mieux vaut ajuster les portions (notamment de légumes) ou ajouter une collation saine (fruits frais, fruits secs, chocolat noir, yaourt nature…).

Et n’oubliez pas : le stress favorise les pics d’insuline, les fringales… et donc le stockage des graisses. Des heures de sommeil suffisantes et quelques moments de relaxation peuvent vraiment faire la différence.

Le sport pour cibler des zones spécifiques : est-ce que ça marche ?

Oui, l’exercice physique régulier est un excellent allié pour brûler des calories et améliorer sa composition corporelle. En effet, le muscle augmente la dépense énergétique au repos : plus vous êtes musclé plus vous brûlez de calories, même sans rien faire. Mais attention : le sport ne permet pas de cibler la perte de graisse sur une zone précise.

Le renforcement musculaire rend la zone plus ferme et galbée, mais pas forcément plus fine. Et oui, un muscle très développé peut donner l’impression de volume. C’est le cas par exemple des abdominaux externes, qui peuvent faire ressortir le ventre s’ils sont trop travaillés, ou encore des cuisses et fessiers très musclés.

Pour affiner et tonifier harmonieusement, il est donc conseillé de travailler tout le corps, avec une combinaison de :

  • renforcement musculaire (Pilates, fitness, TRX, poids du corps,…),
  • et cardio doux à modéré (marche rapide, course, natation, vélo, entraînement de haute intensité (hiit)…).

Faire des abdos ne fait pas perdre du ventre !

Faire des exercices de type “crunch” classiques de façon isolée (sans efforts alimentaires, ni augmentation de l’activité physique par ailleurs) ne fait pas perdre du ventre, et peut même parfois accentuer la pression abdominale.

Pour affiner la taille et renforcer le centre du corps, privilégiez les exercices de gainage, et les abdominaux hypopressifs comme le stomach vacuum, qui sollicitent les abdos profonds (transverse) sans créer de pression sur le ventre.

Néanmoins, une alimentation équilibrée et une activité physique régulière restent les deux piliers indispensables pour perdre du ventre, “surtout que l’organisme a plutôt tendance à déstocker en premier au niveau des graisses abdominales”, souligne la diététicienne.

Les compléments alimentaires et les crèmes : qu’est-ce que ça vaut ?

Soyons clairs : ni une crème ni un complément ne feront fondre les graisses comme par magie. Mais ils peuvent accompagner une bonne hygiène de vie.

“Les crèmes amincissantes et raffermissantes comme celles à base de caféine peuvent améliorer l’aspect de la peau, la rendre plus lisse et tonique, et parfois favoriser le drainage”, selon la docteure Yaël Berdah. Il existe aussi des formules contenant du rétinol ou des peptides qui sont efficaces.

Certains actifs comme le thé vert, la caféine ou le chrome peuvent aider à réduire l’appétit, stimuler le métabolisme ou stabiliser la glycémie, ce qui peut favoriser la perte de masse grasse de façon globale. D’autres compléments, comme les oméga-3, les vitamines et minéraux (notamment magnésium, zinc, fer…), peuvent contribuer à réguler le stress, la fatigue ou soutenir l’équilibre hormonal, des facteurs qui influencent indirectement la capacité à perdre des graisses cutanées.

Attention toutefois, un avis médical est conseillé avant de recourir à ces produits.

Médecine esthétique : pour cibler les cellules adipeuses !

« Quand la graisse sous-cutanée persiste dans une ou plusieurs zones malgré tous les efforts, la médecine esthétique (non invasive) peut proposer des solutions ciblées relativement efficaces », selon la docteure Yaël Berdah, médecin et chirurgien esthétique.

La praticienne nous présente les techniques les plus connues :

  • La cryolipolyse : elle consiste à détruire les cellules graisseuses par le froid. Elle est particulièrement efficace sur les petits amas de graisse localisés. Les résultats apparaissent progressivement en quelques semaines. Il faut compter 300 à 600 € par séance, avec souvent 2 à 3 séances par zone recommandées.
  • La radiofréquence : elle utilise des ondes chaudes ce qui stimule la production de collagène. Elle est donc surtout efficace pour améliorer la tonicité, pas pour une perte de volume importante. Le prix varie de 100 à 250 € par séance, avec plusieurs séances nécessaires pour un résultat visible.
  • D’autres technologies combinées anti-cellulite / remodelantes : Cellu M6® et LPG® (palper-rouler et aspiration), EMSculpt® (électrostimulation musculaire), VelaShape® et Exilis® (radiofréquence, infrarouge et aspiration)…

Ces techniques sont surtout efficaces pour améliorer l’aspect de la peau et peuvent réduire légèrement les graisses superficielles, mais elles ne remplacent ni le sport ni l’alimentation équilibrée.

La chirurgie : efficace en dernier recours

Quand l’excès de graisse s’inscrit dans un contexte de surpoids ou d’obésité, une prise en charge médicale ou chirurgicale peut être envisagée, toujours avec l’avis d’un spécialiste.
Deux grandes options existent :

La liposuccion pour enlever la graisse sur une zone

La liposuccion ou lipoaspiration, qui permet de retirer localement la graisse sous-cutanée. “On ne la réserve pas qu’aux personnes obèses. Elle est aussi recommandée pour harmoniser la silhouette de celles qui présentent des zones de graisse localisée, même , diététiciennes surpoids ou avec un léger surpoids”, précise la docteure Yaël Berdah, chirurgienne esthétique.

Cette technique est particulièrement efficace lorsqu’elle est accompagnée d’une hygiène de vie équilibrée. “De plus, la graisse revient rarement sur la zone traitée si les bonnes habitudes sont conservées”, souligne l’experte.

Le by-pass, une solution plus globale contre l’obésité

La sleeve gastrectomie, une chirurgie bariatrique, est destinée aux cas d’obésité sévère. Elle consiste à réduire la taille de l’estomac pour induire une perte de poids durable.
Mais aujourd’hui, il existe aussi des méthodes moins invasives et réversibles, comme l’endosleeve, qui consiste à réduire la capacité de l’estomac de manière réversible et non chirurgicale. Cette technique permet des résultats intéressants, tout en étant moins contraignante qu’une chirurgie classique.
Dans tous les cas, la chirurgie n’est jamais un raccourci esthétique. Elle s’inscrit dans une démarche médicale globale, personnalisée et pluridisciplinaire, où le suivi nutritionnel et psychologique joue un rôle clé.

Enfin, dans certains cas d’obésité ou de surpoids important, des médicaments spécifiques peuvent aussi être prescrits.” Ils visent à réduire l’appétit ou réguler le métabolisme, toujours sous encadrement médical strict. Là encore, ils n’ont rien d’anodin”, selon la docteure Yaël Berdah.



Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *