Le thermomètre dégringole, les factures montent, et beaucoup
finissent par tourner le thermostat d’un cran, parfois à
contrecœur. Pourtant, dans certains logements, les habitants
gagnent jusqu’à 2 °C en plein mois de janvier sans toucher au
chauffage ni ajouter un seul appareil, simplement en changeant la
façon dont la chaleur circule chez eux.
Leur astuce tient en un geste discret que l’on néglige souvent,
alors qu’il agit exactement là où la chaleur s’échappe le plus vite
: les fenêtres. Quand d’autres montent le radiateur, eux
s’attaquent à ces fuites invisibles… et changent le ressenti dans
toute la pièce.
Fenêtres et rideaux : là où vos degrés s’envolent
On incrimine souvent la chaudière ou le radiateur, alors que la
vraie faiblesse se trouve souvent autour des vitrages. Dans un
logement ancien ou mal isolé, jusqu’à 30 à 40 % de la
chaleur d’une pièce peuvent s’échapper par les fenêtres.
Courant d’air près de la vitre, rideau qui bouge quand il vente,
buée au réveil en plein hiver : tous ces signaux indiquent que vos
degrés s’en vont littéralement par la fenêtre.
Fermer les volets la nuit limite déjà ce phénomène. Des tests
montrent que cela peut représenter 6 à 34 % d’économies de
chauffage, selon le type d’habitation. Régler certaines
fenêtres PVC en « mode hiver » pour comprimer davantage les joints,
ajouter ou remplacer des joints fatigués, tout cela améliore
l’isolation autour du vitrage. Mais le vrai changement de confort
vient du textile que l’on place devant ces ouvertures.
Rideaux thermiques : comment ils offrent jusqu’à 2 °C de
plus
Dans les logements qualifiés de passoires
thermiques, installer des rideaux
thermiques ou, à défaut, des rideaux très épais et doublés
devant les fenêtres transforme l’ambiance. Ces modèles, plus denses
qu’un rideau classique et dotés d’une doublure
isolante en polyester, molleton, laine ou tissu occultant,
forment une barrière entre l’air froid près de la vitre et l’air
tiède de la pièce. Des mesures réalisées dans des pièces mal
isolées montrent un gain moyen de 1,5 à 2 °C une
fois ces rideaux fermés le soir.
À la clé, ce n’est pas seulement la température affichée qui
change, mais la température ressentie : on ne sent
plus cette paroi glacée derrière le canapé ou le lit. Dans certains
cas, cela permet de baisser le thermostat d’1 °C sans perdre en
confort. Or, selon l’ADEME, réduire la consigne de 1 °C peut
générer jusqu’à 7 % d’économies sur la
consommation de chauffage annuelle.
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chez vous
Avant même d’acheter de nouveaux rideaux, il est possible de
reproduire une partie de cet effet sans dépenser. L’idée est de
multiplier les couches textiles devant les vitrages et de supprimer
les fuites d’air évidentes. Fermez systématiquement volets et
rideaux au coucher du soleil, tirez complètement les doubles
rideaux existants, déplacez les meubles qui empêchent le tissu de
tomber jusqu’au sol. Sur une fenêtre très froide, superposer deux
paires de rideaux, ajouter un plaid épais ou un tapis au pied coupe
déjà la sensation de paroi glacée.
- Vérifier que le tissu couvre bien toute la largeur, sans
ouverture sur les côtés. - Si la tringle est haute, laisser les rideaux descendre au plus
près du sol. - Calfeutrer vite fait les interstices avec un boudin ou une
serviette roulée.
Pour ceux qui passent au vrai rideau thermique, mieux vaut
choisir un modèle large, plus long que la fenêtre, avec une
doublure isolante bien épaisse. Une fois installés sur une tringle
solide au-dessus du cadre, ces rideaux donnent le meilleur
d’eux-mêmes fermés la nuit, volets clos, tapis au sol pour couper
le froid qui remonte. Reste un dernier réflexe à garder : aérer dix
minutes en journée, puis refermer aussitôt volets et rideaux pour
conserver les précieux degrés gagnés.