Une étude scientifique publiée ce mercredi dans la revue
Nature health, met en évidence
« un lien solide » entre l’exposition aux
pesticides agricoles et l’apparition de certains cancers. La
conclusion de 8 années de travail sur le terrain d’une équipe de
chercheurs français et péruviens, le Pérou étant marqué à la fois
par une agriculture intensive et des niveaux de contamination par
les pesticides préoccupants.
Pour leur étude, les chercheurs ont d’abord modélisé une carte
précise des pesticides présents dans l’environnement, puis ils ont
croisé cette carte avec les données de près de 160 000 cas patients
ayant reçu
un diagnostic de cancer entre 2007 et 2020. Cela leur a permis
de mettre en évidence les zones précises où les populations sont
davantage exposées, et de mesurer les effets sur la santé.
Une étude sur « l’effet cocktail » des pesticides
Aucun des pesticides utilisés dans les zones étudiées n’est
classé comme « cancérogène avéré » par l’Organisation mondiale de la
santé (OMS). Mais la particularité de cette étude est qu’elle a
pris en compte l’exposition aux mélanges de pesticides. Ce que les
chercheurs appellent « l’effet cocktail », ou comment plusieurs
substances peuvent interagir entre elles et provoquer des effets
nocifs supplémentaires .
Les résultats sont frappants. Dans les 436 zones étudiées, les
chercheurs ont observé une augmentation du risque de développer un
cancer de 150 % en moyenne.
Une moyenne d’exposition à 12
pesticides différents
Jusqu’à présent, il a toujours été difficile d’évaluer
précisément les
effets des pesticides sur la santé humaine, car la plupart des
études se concentrent sur des pesticides isolés, sans tenir
compte de l’effet cocktail, et les modèles expérimentaux sont
souvent très éloignés des conditions d’exposition réelles.
La méthodologie très novatrice de cette étude sur le terrain a
permis de montrer que les populations sont exposées, en moyenne, à
12 pesticides différents dont la concentration est élevée. L’étude
suggère également que les phénomènes météorologiques extrêmes, tels
qu’El Niño, peuvent aggraver cette exposition en modifiant la
dispersion des pesticides dans l’environnement.
Source : Mapping pesticide mixtures to
cancer risk at the country scale with spatial exposomics,
Nature health, avril 2026