Lever la main, répondre à une question ou passer au tableau n’est pas un exercice facile pour tous les élèves. Si certains prennent spontanément la parole, d’autres préfèrent rester en retrait. Contrairement aux idées reçues, il ne s’agit pas seulement d’une question de tempérament. Pour Véronique Borgel Larchevêque, psychologue clinicienne spécialisée en périnatalité, la confiance acquise à la maison joue également un rôle important. Lorsqu’un enfant grandit dans un environnement où il se sent écouté, respecté et en sécurité, il est souvent plus à l’aise pour s’exprimer à l’extérieur. L’objectif n’est pas de transformer les enfants réservés en petits orateurs, mais de leur donner suffisamment confiance pour oser prendre la parole lorsqu’ils en ont envie. Pour cela, certaines phrases répétées au quotidien peuvent faire toute la différence. Elles apprennent à l’enfant que son opinion compte, que l’erreur fait partie de l’apprentissage et qu’il ne sera pas jugé s’il se trompe. Des messages simples qui peuvent l’aider à participer davantage en classe.
Ces phrases qui donnent confiance aux enfants
Les enfants qui se sentent à l’aise pour prendre la parole à l’école n’ont pas forcément plus de connaissances que les autres. En effet, ils ont, juste, appris que leur voix mérite d’être entendue et que l’erreur n’est pas une catastrophe. Au contraire, elle structure les connaissances et fait partie d’un cheminement. Voici trois phrases qui contribuent à développer cet état d’esprit.
1 – “Tu as le droit de te tromper”
La peur de l’échec est l’un des principaux freins à la participation en classe. Certains enfants craignent de donner une mauvaise réponse ou d’être jugés par leurs camarades. Les ricanements et les messes basses sont des situations que les enfants redoutent. Pour la psychologue, il est essentiel de leur rappeler que l’erreur fait partie de l’apprentissage. Elle conseille aux parents de dire cette phrase : “Si tu fais des erreurs, c’est que tu es en train d’apprendre”. Oui, lorsqu’un enfant comprend que se tromper n’enlève rien à sa valeur, il se permet d’essayer d’avantage.
2 – “Ton avis m’intéresse”
À la maison, prendre le temps d’écouter son enfant est un puissant levier de confiance en soi. Lorsqu’il sent que ses idées ont de la valeur, il apprend peu à peu à les exprimer. “Si à la maison, l’enfant peut prendre la parole et qu’on l’écoute, ce sera plus facile pour lui de le faire à l’extérieur”, explique Véronique Borgel Larchevêque. “Lorsqu’il exprime quelque chose au sein de la structure familiale, il ne faut pas se moquer de lui, rabaisser ses propos ou avoir une communication non verbale négative”, détaille notre experte.
3 – “Essaie, tu peux y arriver”
Plutôt que de mettre l’accent sur la réussite, la psychologue conseille de valoriser l’effort et l’expérimentation. L’enfant n’a pas besoin d’être parfait pour être encouragé. Ce qui compte, c’est qu’il ose tenter. En déplaçant l’objectif de la performance vers l’apprentissage, les parents l’aident à développer une relation plus sereine à l’échec et à la confiance en lui. Une attitude qui lui sera utile aussi bien à l’école que dans la vie quotidienne.