L’ex-directeur de l’IHU de Marseille met en avant deux études pour interpeller sur la vaccination contre la Covid-19 et le risque de cancer. Quel lien existe-t-il réellement entre les deux ?
Suite à un tweet de Didier RaoultDidier Raoult (ex-directeur de l’Institut Hospitalo-Universitaire Méditerranée Infection) de la semaine dernière, la sphère antivax s’est enflammée sur InternetInternet. Les vaccins contre la Covid-19 causeraient une hausse des risques de cancer, d’après lui. Pour appuyer ses propos, il met en avant deux articles scientifiques. Que démontrent réellement ces études ?
Des études de cohortes
La première étude, publiée en juillet, a été menée en Italie sur 300 000 patients âgés de 11 ans et plus. Le suivi s’est déroulé de juin 2021 (soit six mois après le début des premières vaccinations) à décembre 2023. Dans cette cohorte, 16,6 % des participants étaient non vaccinés et 83,3 % avaient reçu au moins une dose.
La principale conclusion de cette étude – non mise en avant par Didier Raoult – est une réduction significative du risque de décès des patients ayant été vaccinés avec 40 % de risque de mortalité en moins.
Concernant les cancers, les chercheurs ont observé que les personnes vaccinées présentent plus de risque d’être hospitalisées pour un cancer que les non-vaccinées qui n’ont jamais contracté le virus. Ce constat n’est valable que si le délai minimal choisi entre la première injection et l’hospitalisation est de six mois. La tendance s’inverse lorsque ce délai minimal est fixé à douze mois.
Or, si un lien de causalité existait, le risque d’hospitalisation devrait augmenter avec le temps, ce qui n’est pas le cas.
De plus, le risque d’hospitalisation pour cancer est plus élevé chez les individus ayant reçu au moins une dose de vaccin, par rapport aux non-vaccinés, mais n’augmente pas pour les personnes ayant reçu trois doses ou plus.
Les auteurs de l’étude mettent en avant plusieurs facteurs qui peuvent expliquer ces résultats contradictoires. Les personnes vaccinées ont plus confiance en la médecine que les non-vaccinées, ce qui augmente le taux de diagnostic de cancer. Autre biais, les vaccinés de l’étude étaient en moyenne plus âgés que les non-vaccinés et donc dans une tranche d’âge où les premiers cancers apparaissent plus souvent.
Une étude sud-coréenne
La deuxième étude est parue fin septembre et porteporte sur 8,4 millions de Sud-Coréens. Les vaccins contre la Covid-19Covid-19 ont été associés à une augmentation des risques de cancers de la thyroïdecancers de la thyroïde (35 %), de l’estomacestomac (34 %), du côloncôlon–rectumrectum (28 %), du poumonpoumon (53 %) et de la prostateprostate (69 %).
Dans cette étude, le suivi des patients n’a duré qu’un an. Sur cette duréedurée, le risque est plutôt d’observer des cancers présents avant la vaccinationvaccination que réellement corrélés à celle-ci.
Comme pour l’étude italienne, les chercheurs coréens mettent en avant qu’il s’agit de résultats préliminaires qui doivent être confirmés. Il ne s’agit là que de corrélations entre cancer et vaccination. La causalité, si elle existe, reste encore à prouver contrairement à ce qu’affirme Didier Raoult.