Le film Chien 51 décrit un futur proche dans lequel le travail de la police est assuré par une intelligence artificielle nommée Alma. Déjà abordée au cinéma, cette thématique s’insère aussi pourtant dans notre réalité.
Dans un Paris futuriste et majoritairement nocturnenocturne, ChienChien 51 – sorti le 15 octobre au cinéma – raconte une histoire impliquant des policierspoliciers dont le travail dépend en grande partie d’une intelligence artificielle. Signé Cédric Jimenez, le film qui réunit notamment Gilles Lellouche et Adèle Exarchopoulos se veut réaliste, à la manière de ses précédentes œuvres, Novembre et Bac Nord.
Mais l’aspect « intelligence artificielleintelligence artificielle » ainsi que l’esthétique, qui rappelle furieusement Blade Runner par moment, le rattachent aussi au monde de la science-fiction, où les liens entre IA et police sont nombreux. Dès les années 1980, l’iconique Robocop interroge sur cette automatisation des tâches de police que l’on pourrait laisser à des robotsrobots. Ainsi, les IA sont vues ici comme plus fiables et moins soumises aux émotions néfastes des humains… Même si ce genre d’expérience finit rarement bien dans les films !
Des IA pour aider les enquêteurs
Mais bien loin de ces considérations, l’usage de l’IA progresse bel et bien dans la police. Pas forcément pour jouer le rôle de policier directement, mais plutôt pour trier et répertorier les indices. Sur une scène de crime, alors que l’urgence est souvent de mise, il peut être utile d’avoir un appareil qui récolte toutes les données et les traite en un temps record.
Ainsi, un article – paru en 2024 dans la revue IJMRAP – détaille comment les IA peuvent aider les enquêteurs dans ce type de contexte. Cela implique notamment des mécanismes de machine learning grâce auxquels une IA pourrait interpréter des indices tels que des traces de sang, de pas ou autre dans une scène de crime, et ainsi voir ce qu’un humain aurait raté.
Les reconstitutions de telles scènes en 3D offrent aussi un tableau plus clair et plus précis lorsque l’algorithme bénéficie d’une « expérience » acquise grâce à une grande quantité de données. Des algorithmes qui ont également fort à faire pour résoudre des puzzles plus complexes encore.
L’étude détaille comment les recherches ADN peuvent être boostées par l’IA, laquelle est capable de reconstruire virtuellement un échantillon dégradé afin de trouver une correspondance, ce qui peut aussi impliquer la recherche sur les empreintes digitales. En comblant les blancs entre les lignes, un algorithme est un atout essentiel dans ces recherches où les données sont parfois rares et parcellaires.
Des progrès techniques et des limites éthiques
Ainsi, une expérience en ce sens a été menée au sein de la gendarmerie française en intégrant une puce aux écouvillons de prélèvement d‘ADN, afin de recueillir l’ensemble des informations dans une banque de données. Comme toutes ces données sont centralisées et standardisées, il est plus simple pour une IA de s’en saisir afin d’établir la correspondance des profils génétiquesprofils génétiques.
D’une manière plus incertaine, l’IA peut aussi aider à décoder les voix et les écritures afin d’établir des correspondances, même si, à ce jour, la technique n’est pas toujours suffisante pour établir des connexions sûres.
Ces progrès, bien que parfois enthousiasmants, ne doivent cependant pas faire oublier les énormes limites d’une telle technologie. Ces informations sensibles doivent-elles être mises à disposition d’entreprises privées ou d’algorithmes parfois opaques ? Comment s’assurer qu’elles ne seront pas ensuite diffusées d’une manière ou d’une autre ?
Et puis à quel point peut-on compter sur ces outils ? Même s’ils sont jugés fiables, une vérification humaine est indispensable lorsque l’on parle de situations aussi problématiques que celles que l’on trouve dans ce contexte. Ce qui laisse des doutes sur le gain de temps réel.
Un usage responsable et encadré est donc nécessaire alors que ces technologies continuent de se répandre dans des sphères de plus en plus large de la police.