Qui sont les yokai que l’on voit dans le film d’Orelsan, « Yoroï » ?


Une armure mystérieuse aux gravures étranges, une flopée de démons qui débarquent chaque nuit et beaucoup de combats spectaculaires : le film Yoroï – signé David Tomaszewski et sorti le 29 octobre sur nos écrans – convoque toute une imagerie venue du Japon.

On y suit Orelsan dans son propre rôle, celui d’un rappeur au bout du rouleau qui part s’isoler au Japon avec sa femme, avant de tomber sous le coup d’une malédiction liée aux yokai.

À partir de ce moment, le protagoniste se fait littéralement harceler par ces démons et cherche un moyen de s’en défaire. Ce qui le pousse, durant une partie du film, à faire des recherches sur ces monstres.

Bande-annonce Yoroï. © Sony Pictures, YouTube

Des créatures multiples et effrayantes

Car oui, ces créatures ne sont pas uniquement sorties de l’esprit du scénariste du film, elles sont bien présentes dans la culture japonaise. Il s’agit d’une multitude de créatures diverses et variées évoquant des spectres et des phénomènes impossibles à expliquer de manière logique. Certains ont des traits humains, d’autres ressemblent plutôt à des animaux, ou encore à des monstres rappelant le folklore européen peuplé d’ogres et de trolls.

Le yokai Rokurokubi. © K. Hokusai, Wikimedia Commons

Il en existe une multitude mais, malheureusement, le film préfère souvent se servir de monstres inventés de toutes pièces et oublie les traditionnels déjà « existants ».

Ainsi, Orelsan se fait attaquer par des monstres collants symbolisant ses parents, un autre aux couleurs du drapeau français, un autre encore faisant penser au monde de la fête avec ses lumières clignotantes.

Cou extensible, tête creuse ou fruits à visage

Mais au détour de toutes ces inventions, on croise notamment une créature présente dans le folklore japonais : Rokurokubi. Souvent représenté sous la forme d’une femme, ce yokai peut allonger son cou de façon démesurée pour s’en prendre à ses victimes. Dans le film, cette créature a l’apparence d’une belle femme en tenue de fitness, mais n’en est pas moins menaçante.

On croise également une créature qui n’est pas un yokai à proprement parler, mais qui est lié à tout cet imaginaire : le Jinmenju. Cet arbre dont les origines remontent à la Chine porte des fruits possédant un visage humain. On le trouve notamment dans l’univers de l’artiste Toriyama Sekien au XVIIIe siècle.

Le yokai Kamikiri qui coupe les cheveux de ses victimes. © Yoshifuji Utagawa, Wikimedia Commons

Enfin, le film évoque aussi l’existence des kappas. Des yokai extrêmement connus qui ressemblent à des créatures aquatiques. Le sommet de leur tête est creux et rempli d’eau, et s’il salue poliment son adversaire, ce réservoir se vide, ce qui le prive de sa force.

Au final, il est dommage que le film n’explore pas plus l’univers des yokai, car il existe des centaines de créatures toutes plus étranges les unes que les autres, ce qui aurait pu donner lieu à des affrontements extrêmement inventifs.

Mais si tout ce monde vous intéresse, n’hésitez pas à vous plonger dans l’œuvre du mangaka Shigeru Mizuki, ou encore dans plusieurs jeux vidéo, de Pokémon à la série des Persona qui mobilise largement toute cette mythologie.



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