Pour parler d’intensification rapide, il faut que les vents du phénomène tropical en question s’accélèrent d’au moins 56 km/h en l’espace de 24 heures, et pour parler d’intensification rapide de niveau extrême il faut que ces vents augmentent d’au moins 93 km/h en 24 heures. Or, les vents de Melissa ont augmenté de 112 km/h en une journée, entre le 25 et le 26 octobre !
Hurricane Melissa spent over three days as a major hurricane, becoming one of the strongest Atlantic storms on record.
This loop from Saturday night to Wednesday morning follows Hurricane Melissa during its time as at least a Category 3 storm. pic.twitter.com/WVVsZaBJFN
— CIRA (@CIRA_CSU) October 31, 2025
L’anomalie chaude de l’eau a fait exploser la puissance de Melissa
De multiples facteurs conduisent au développement d’un ouragan, mais un paramètre est responsable, en quasi-totalité, de l’intensification rapide du phénomène : la température de l’eau. L’organisme scientifique américain Climate Central a relevé une température de surface de l’eau 1,4 °C supérieure à la normale au moment de l’intensification extrême de l’ouragan. Selon les simulations effectuées sur ordinateur, cette anomalie chaude de l’eau de surface (plus de 30 °C) a été rendue 700 fois plus probable à cause des gaz à effet de serre issus des activités humaines.
Since becoming a Cat 5, #Melissa continued strengthening up to 185mph as it drifted toward landfall in Southwest Jamaica.
The storm has been drawing on late-Oct Caribbean waters up to 2.2°F (1.2°C) above average—warmth made up to 900x more likely by human-caused climate change. pic.twitter.com/isuQD8JezE
— Climate Central (@ClimateCentral) October 28, 2025
Après cette intensification rapide de niveau extrême, Melissa a continué sa route vers la Jamaïque : elle a alors rencontré des eaux 1,2 °C plus chaudes que la normale le long des côtes jamaïcaines, une anomalie rendue 900 fois plus probable à cause des gaz à effet de serre issus des activités humaines selon Climate Central. Les vents de l’ouragan ont alors atteint les 290 km/h juste avant son impact sur le pays. Mais le vent n’est pas la seule conséquence du réchauffement : les eaux de surface des océans s’évaporent davantage, remplissant l’ouragan de pluie.
Before and after satellite images reveal the staggering scale of Hurricane Melissa’s destruction in Jamaica, where flooding, coastal erosion, and widespread damage left tens of thousands in shelters. pic.twitter.com/dBXk42G0re
— AccuWeather (@accuweather) October 30, 2025
Et avec un niveau de la mer plus élevé, les submersions côtières sont plus importantes. La température de l’eau de surface, un paramètre qui peut sembler sans conséquence, est en fait un facteur décisif dans le niveau de gravité des catastrophes météo.