Moustiques : un expert en nuisibles nous révèle enfin pourquoi certains se font plus piqués que d’autres


Avec le retour des températures
élevées, les moustiques font aussi leur réapparition dans les
jardins, sur les balcons et même
à l’intérieur des habitations. Chaque été, les mêmes scènes se
répètent : certaines personnes semblent systématiquement plus
piquées que d’autres, parfois même dans un même groupe au même
endroit.

Cette différence intrigue autant
qu’elle agace, d’autant que les idées reçues sont nombreuses :
alimentation, type de peau, “sang sucré”… autant d’explications
populaires qui ne reposent pas toujours sur des mécanismes
scientifiques solides. En réalité, l’attractivité face aux
moustiques dépend d’un ensemble de facteurs bien plus précis. Selon
Rida Sahi, expert anti-nuisible, certains comportements et surtout
certaines erreurs du quotidien peuvent augmenter nettement les
risques d’être ciblé.

Pourquoi certaines personnes se font plus piquer que d’autres
?

« Il y a des légendes qui
disent que certains sangs sont plus sucrés que d’autres »,

explique l’expert. Si l’on va au-delà de cette idée reçue, certains
groupes sanguins présentent en réalité des caractéristiques
biochimiques qui peuvent rendre certaines personnes plus
attractives pour les moustiques.

Le groupe sanguin fait notamment
partie des pistes étudiées. Une étude japonaise publiée dans le
Journal of Medical Entomology montre que les
individus de groupe O seraient plus susceptibles d’être piqués. Les
chercheurs estiment qu’ils auraient près de 85 % de probabilité
d’attirer les moustiques, contre moins de 45 % pour les autres
groupes sanguins. En cause : certaines particularités biochimiques
du sang, qui joueraient un rôle dans les besoins des femelles
moustiques, notamment liés à la reproduction.

Femmes enceintes, personnes qui transpirent : les
profils les plus attirants pour les moustiques

Les moustiques ne réagissent pas
seulement à des facteurs biologiques fixes, mais aussi à ce que
nous dégageons au quotidien. Ils sont particulièrement sensibles au
dioxyde de carbone (CO₂) que nous expirons, ce qui explique
pourquoi les personnes au métabolisme plus élevé – notamment les
femmes enceintes, qui en produisent environ 20 % de plus – sont
souvent davantage ciblées. Ce signal peut être détecté jusqu’à 30
mètres. À cela s’ajoute l’odeur corporelle : la sueur contient de
l’acide lactique, une substance particulièrement attractive pour
les moustiques, qu’ils repèrent grâce à des récepteurs olfactifs
très spécifiques.

Comment appliquer ces résultats à la vie
réelle pour limiter les piqûres ?

Si certains facteurs ne
peuvent pas être modifiés, comme le groupe sanguin ou le
métabolisme, d’autres habitudes peuvent réduire significativement
le risque de piqûres. Le premier levier reste de limiter les
signaux qui attirent les moustiques : en période chaude,
il est conseillé de privilégier des vêtements clairs et amples, qui
les rendent moins attirants visuellement et réduisent le contact
direct avec la peau.

Autre point important :
réduire les odeurs corporelles fortes en évitant les parfums sucrés
ou très marqués lors des périodes à risque peut aider à limiter
l’attraction. En extérieur, l’usage de répulsifs cutanés reste
l’une des mesures les plus efficaces, tout comme le fait de limiter
les activités à l’extérieur aux heures où les moustiques sont les
plus actifs. Enfin, « éliminer les sources d’eau stagnante
autour du domicile reste essentiel pour réduire leur présence
globale et donc, indirectement, le risque de piqûres. »,

conclut l’expert.



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