Aidée par l’IA, la mammographie pourrait dépister le risque de cancer du sein six ans à l’avance


Chaque année, plus de 60 000 nouveaux cas de cancer
du sein sont diagnostiqués en France, soit chez environ une
femme sur huit. Cette forme de cancer reste la plus fréquente chez
les femmes aussi, toute avancée susceptible d’améliorer le
dépistage est-elle étudiée avec intérêt par les scientifiques.

Des chercheurs suédois viennent
justement de mettre en lumière une capacité inattendue de
l’intelligence artificielle. En analysant des mammographies
réalisées plusieurs années avant l’apparition d’un cancer, des
systèmes d’IA ont réussi à identifier des signes précoces
jusqu’à six ans avant le diagnostic posé
par les
radiologues.

L’IA capable d’établir un score de risque de cancer

L’étude a porté sur 88 963
mammographies
réalisées chez 31 394 femmes sur une période de dix ans. Les
chercheurs ont utilisé trois systèmes d’aide à la détection
assistée par intelligence artificielle afin d’examiner les images
rétrospectivement. Les résultats ont montré que les scores de
risque attribués par l’IA étaient nettement plus élevés chez les
femmes qui allaient développer un cancer du sein dans les années
suivantes que chez celles restées indemnes de la maladie.

Le professeur Fredrik Strand,
de l’hôpital universitaire Karolinska à Stockholm, explique que les
systèmes testés ont identifié jusqu’à 19,7 % des cancers six ans

avant leur diagnostic officiel. Cette proportion atteignait
25,2 % quatre ans avant le diagnostic et 39,3 % deux ans avant
celui-ci.

Vers
un dépistage du cancer du sein plus personnalisé

Pour les scientifiques, l’IA
n’a pas vocation à remplacer les radiologues. Son intérêt
résiderait plutôt dans sa capacité à détecter plus tôt des signes
très discrets qui peuvent passer inaperçus lors d’une lecture
classique des mammographies. Les scores générés par l’IA pourraient
aider à identifier les femmes nécessitant une surveillance plus
rapprochée. Celles-ci pourraient ainsi bénéficier d’examens
complémentaires ou d’un suivi adapté bien avant l’apparition de
signes visibles lors du
dépistage traditionnel.

Cette étude repose sur des
données recueillies dans le cadre du programme national de
dépistage suédois, qui invite les femmes âgées de 40 à 74 ans à
réaliser une mammographie tous les deux ans. Les résultats devront
encore être confirmés dans d’autres populations avant une
éventuelle généralisation de ces outils dans les programmes de
dépistage.

Source :
Artificial Intelligence Detection Scores in Screening
Mammography for Early Breast Cancer Alerts
, Radiology, juin
2026



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