Cette habitude nocturne peut être un signal précoce d’AVC ou d’insuffisance cardiaque


Les blagues sur le conjoint qui « scie du bois » toute la nuit
font souvent sourire. Pourtant, un ronflement nocturne
régulier
peut être bien plus qu’une nuisance sonore :
c’est parfois le premier signal d’une hypertension
artérielle
silencieuse, elle‑même grand facteur
d’AVC et d’insuffisance
cardiaque
.

Des spécialistes du sommeil de la Flinders University, en
Australie, ont suivi plus de 12 000 adultes pendant neuf mois grâce
à des capteurs placés sous le matelas et à des tensiomètres à
domicile. Leur message est clair : « Pour la première fois, nous
pouvons dire de façon objective qu’il existe un lien significatif
entre le ronflement nocturne régulier et l’hypertension
artérielle », a expliqué le Dr Bastien Lechat. Reste à savoir quels
ronflements doivent vraiment inquiéter.

Un bruit banal… ou le premier signe que votre cœur souffre
?

En France, près d’une personne sur deux ronflerait au moins
occasionnellement, avec une fréquence plus élevée chez les hommes
et les personnes âgées, rappelle un site d’information santé. La
plupart du temps, il s’agit d’un phénomène isolé, sans conséquence
grave. Le problème commence quand le ronflement
habituel
devient fort, presque chaque nuit, et
s’accompagne d’un sommeil non réparateur.

Les spécialistes décrivent ce ronflement chronique comme un
marqueur de dysfonction respiratoire nocturne,
souvent associé à une apnée obstructive du sommeil
(SAOS), qui touche environ 4 à 10 % de la population française.
Hommes en surpoids d’âge moyen sont les profils typiques, mais les
femmes et les personnes minces peuvent aussi être concernées, avec
des symptômes parfois plus discrets.

Ce que le ronflement révèle sur votre tension artérielle

Dans l’étude publiée dans la revue npj Digital
Medicine
, l’équipe de Flinders a montré que 15 % des
participants ronflaient plus de 20 % de la nuit. « Nous avons
constaté que 15 % de tous les participants, principalement des
hommes en surpoids, ronflaient plus de 20 % de la nuit en moyenne
et que ce ronflement nocturne régulier était associé à une tension
artérielle élevée et à une hypertension non contrôlée », a détaillé
le Dr Lechat. Le Pr Danny Eckert a précisé que ces ronfleurs
avaient « presque le double du risque d’hypertension non contrôlée ».
Ce risque doublait à nouveau en cas de SAOS associé.

L’hypoxie intermittente (micro‑asphyxies répétées),
l’hyperactivation du système nerveux sympathique
et l’absence de baisse nocturne de la pression artérielle, le
fameux profil « non‑dipper », abîment peu à peu les artères.
L’American Heart Association rappelle que l’hypertension prolongée
est l’un des principaux moteurs d’AVC et de développement
d’insuffisance cardiaque. Autrement dit, le
ronflement AVC fait partie d’une même chaîne :
ronflements chroniques, tension qui ne redescend plus la nuit, puis
dégâts sur le cerveau et le cœur.

Quand les ronflements doivent alerter
sur un risque d’AVC ou d’insuffisance cardiaque

Le ronflement en lui‑même n’annonce pas un AVC dans la nuit. Il
devient inquiétant quand il s’inscrit dans un faisceau de signes.
Les études montrent que les ronfleurs chroniques ont un risque
d’AVC presque multiplié par deux, encore plus élevé si une apnée du
sommeil se rajoute. Les vibrations sonores,
l’inflammation et la dysfonction
endothéliale
fragilisent les petites artères cérébrales et
les carotides, préparant un terrain vasculaire à haut risque.

Certains marqueurs doivent pousser à consulter son médecin
traitant pour un bilan tensionnel et, si besoin, un enregistrement
du sommeil (polygraphie ou polysomnographie) :

  • Ronflements forts, presque toutes les nuits, avec pauses
    respiratoires observées, suffocations ou réveils en sursaut.
  • Tension artérielle au réveil souvent ≥ 140/90 mmHg,
    hypertension résistante malgré plusieurs médicaments, ou chiffres
    nocturnes anormalement élevés sur tensiomètre connecté.
  • Céphalées matinales, fatigue persistante, somnolence diurne,
    palpitations, douleurs thoraciques nocturnes, essoufflement couché
    ou réveils en manque d’air, œdèmes des chevilles le matin.

En cas de suspicion de SAOS, les spécialistes du sommeil peuvent
proposer une pression positive continue (CPAP) ou une orthèse
d’avancée mandibulaire, traitements qui améliorent souvent la
tension artérielle. Le service de santé britannique conseille aussi
de ne pas fumer, de limiter l’alcool et d’éviter les somnifères qui
favorisent parfois le ronflement. Perte de poids,
sommeil sur le côté et prise en charge de la tension font alors
partie intégrante de la prévention de l’AVC et de l’insuffisance
cardiaque.



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