


C’est les vacances, vos valises sont prêtes, et vous vous apprêtez à prendre la route. Vous avez placé vos médicaments en bonne place, à portée de main, dans la boîte à gant. Mais… est-ce vraiment une bonne idée ?
En été, l’habitacle d’une voiture peut dépasser les 50 à 70 °C, bien au-delà des températures recommandées pour la conservation des médicaments, et certains médicaments devraient absolument ne pas y être placés. Lesquels ? Voici le Top 5 des médicaments à ne surtout pas mettre dans la boîte à gant sous peine de mettre réellement votre santé en danger.
N°1 : L’insuline
L’insuline est une hormone protéique utilisée par les personnes diabétiques pour réguler leur taux de sucre sanguin. Comme toutes les protéines-médicaments, elle est sensible à la chaleur.
Une température excessivement élevée peut en effet lui faire perdre sa configuration et diminuer son efficacité. Plusieurs cas d’acidocétose diabétique, une urgence médicale qui nécessite une hospitalisation, ont été rapportés dans la littérature médicale. Autre risque : qu’elle devienne « immunogène », c’est-à-dire que le système immunitaire la considère comme « non-soi » et génère une réaction inflammatoire potentiellement grave. À noter que l’insuline est également sensible aux températures très basses ; c’est pour cette raison qu’il faut absolument éviter de la placer au congélateur.
Lorsque le thermomètre s’emballe en été, les médias parlent souvent de « chaleur mortelle ». À l’inverse, l’hiver et ses températures glaciales semblent presque faire partie du décor. Pourtant, si l’on pose la question suivante : « Qu’est-ce qui tue le plus, la chaleur ou le froid ? », la réponse n’est pas forcément celle que l’on imagine…. Lire la suite
Que l’insuline soit en flacon (à injecter avec une seringue), sous forme de stylo (prérempli et jetable ou rechargeable) ou de pompe (avec tubulure ou collée directement sur la peau), une conservation à une température ne dépassant pas 30 °C est indispensable pour préserver sa qualité. Pour les recharges et les flacons non ouverts, qui seront conservés plus longtemps, une conservation à une température comprise entre 2 °C et 8 °C (celle du réfrigérateur) jusqu’à la date de péremption est nécessaire.
N° 2 : La trinitrine
Ce médicament est utilisé pour prévenir l’angine de poitrine ou crise d’angor. Cette douleur thoracique qui apparaît généralement pendant un effort ou un stress et survient le plus souvent chez les personnes qui présentent une insuffisance coronarienne. L’angine de poitrine est liée à l’obstruction partielle des artères du cœur (coronaires), qui irriguent le muscle cardiaque. La trinitrine est un vasodilatateur qui va agir en diminuant les besoins en oxygènes du cœur tout en augmentant les apports en oxygène.
Ce médicament existe sous trois formes :
- la forme de dispositif transdermique à coller sur la peau en prévention de la crise d’angine de poitrine ;
- sous forme de comprimé sublingual ou de spray pour soulager une crise douloureuse.
Ces produits, surtout ceux qui sont sous forme de dispositif transdermique et de comprimés sublinguaux, doivent être conservés à une température inférieure à 25 °C afin d’éviter que le principe actif ne se dégrade, ce qui pourrait rendre la dose délivrée insuffisante et le soulagement de la douleur incomplet ou retardé. À éviter de placer dans une boîte à gant, donc !
N° 3 : Les antibiotiques en poudre à diluer
L’Augmentin est un antibiotique qui tue les bactéries responsables des otites, cystites et autres infections respiratoires ou de la peau. Il est vendu sous la forme de sachets à diluer dans un verre d’eau ou d’un flacon de poudre dans lequel on ajoute de l’eau pour une utilisation sur plusieurs jours à l’aide d’une pipette.
La poudre non diluée doit être conservée à une température inférieure à 25 °C. Le risque, sinon ? Qu’elle perde progressivement sa stabilité et donc son efficacité, et donc que l’infection guérisse moins bien, que les symptômes (fièvre, douleur…) persistent ou encore qu’il faille prescrire un nouvel antibiotique pour traiter la maladie. Rassurez-vous cependant : une exposition de quelques heures à une température supérieure à 25 °C n’est pas forcément problématique. C’est l’exposition prolongée à la chaleur qui peut le devenir.
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Si vous utilisez un flacon, la préparation reconstituée devra être conservée à une température comprise entre 2 et 8 °C durant 7 jours maximum. Une fois dilué, le produit devient en effet beaucoup plus sensible aux températures élevées, ce qui peut réduire l’efficacité du traitement.
D’autres antibiotiques comme le Zinnat (céfuoxamine), l’Orelox (cefpodoxime) et le Clamoxyl (amoxicilline) sont également des poudres qui doivent être conservées à des températures ne dépassant pas 25 °C avant dilution, et entre 2 et 8 °C une fois dilués.
N° 4 : La Ventoline
La Ventoline (salbutamol) est un bronchodilatateur à action rapide. Il augmente le calibre des bronches et aide les personnes asthmatiques et celles souffrant de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) à respirer plus facilement. Il est notamment utilisé pour soulager instantanément les bronchospasmes (contraction brusque et intense des muscles lisses des bronches entraînant une asphyxie) et pour réduire l’inflammation des bronches. Ce produit s’administre par inhalation. Il est vendu sous forme de spray d’inhalation.
Selon l’Asthma ans Allergy Foundation of America, une exposition d’un spray à des températures correspondant à celles d’une voiture en été pourrait réduire la dose délivrée et modifier la taille des particules d’aérosol, avec pour conséquence une diminution de la quantité de produit atteignant effectivement les poumons, sans compter que ce type de récipient sous pression est susceptible d’exploser sous l’effet d’une chaleur intense.
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De manière générale, il est recommandé de conserver les sprays de Ventoline à une température inférieure à 30 °C et d’éviter l’exposition aux rayons du soleil.
N° 5 : Le Doliprane en sirop
C’est LE médicament que les parents amènent en vacances « au cas où ». Mais comme quasiment tous les produits en suspension buvable, il est particulièrement sensible à la chaleur. Le risque ? Un changement de texture (il va devenir grumeleux), de saveur et/ou d’odeur, et une diminution de l’efficacité du paracétamol qu’il contient.
Si une altération du produit n’entraîne pas forcément de danger pour la santé, mieux vaut éviter de donner un sirop qui a passé 8 heures à 60 °C à son enfant. Jetez-le et achetez un nouveau produit en pharmacie.
Quoi qu’il en soit, une conservation à des températures comprises entre 15 et 30 °C permet de préserver la stabilité et l’intégrité du principe actif des sirops Doliprane.