
Eumetsat, le Cnes, le CNRS et Météo France ont diffusé un communiqué de presse annonçant les premières mesures de l’instrument IASI-NG. Cet interféromètre atmosphérique de nouvelle génération, installé à bord du satellite Metop-SGA1, lancé en août 2025, est conçu pour sonder l’atmosphère avec une précision inégalée.
Capable de mesurer la température, l’humidité et la composition de l’air (notamment l’ozone, le méthane, le dioxyde de carbone et les aérosols), IASI-NG fournira des données en continu pendant plus de vingt ans. Ce communiqué met en lumière l’importance de cet instrument non seulement pour la recherche scientifique, mais aussi pour éclairer les politiques climatiques.
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Les capacités de IASI-NG
L’objectif principal d’IASI-NG est de fournir des mesures détaillées de l’atmosphère, essentielles pour la météorologie, l’étude du climat et l’évaluation de la qualité de l’air.
Deux fois plus performant que ses prédécesseurs, cet instrument promet des avancées significatives dans la compréhension de notre atmosphère et des changements climatiques. En effet, il mesurera plus d’un million de fois par jour divers paramètres tels que les molécules, les profils d’humidité et de température, ainsi que les poussières et les nuages, sur toute la surface du globe et dans la profondeur de l’atmosphère.
Sa mise en service opérationnelle est prévue pour 2026. Actuellement, une phase de calibration et de validation est en cours pour assurer la fiabilité et l’exactitude des mesures avant leur distribution. Eumetsat sera chargé de la gestion des données générées, tandis que le Cnes supervisera les aspects techniques de l’instrument.
Captured over Toulouse on 30 September, the first spectrum reveals an impressive snapshot of Earth’s atmosphere – already showing how IASI-NG can detect a rich variety of gases, from carbon dioxide and methane to nitric acid and ozone. ???? pic.twitter.com/DZog3CbMDI
— EUMETSAT (@eumetsat) October 22, 2025
Premières données et analyse atmosphérique
Les premières données collectées permettent déjà d’analyser la composition de l’atmosphère. Un exemple concret de mesure réalisé au-dessus de Toulouse a démontré la capacité d’IASI-NG à détecter un large éventail de molécules, contribuant ainsi à une meilleure compréhension de la chimie atmosphérique.
Innovation technique et performances améliorées
Du point de vue technique, IASI-NG offre 16 921 points de données (canaux) pour une analyse détaillée de l’atmosphère. Grâce à un nouveau concept d’interféromètre de Mertz (basé sur un interféromètre de Michelson associé à une compensation des effets de champ par introduction dans le chemin optique d’une épaisseur de lame d’indice adéquat), cet instrument permet des mesures verticales précises, essentielles pour les modèles de prévision climatique.
Cette innovation, la première du genre à être embarquée sur une mission spatiale, permettra d’extraire des profils verticaux de température et d’humidité plus précis près de la surface
Cette innovation, la première du genre à être embarquée sur une mission spatiale, permettra d’extraire des profils verticaux de température et d’humidité plus précis près de la surface, l’une des conditions essentielles pour améliorer les modèles de prévision numérique du temps à l’échelle mondiale et régionale.
Contribution au suivi climatique
En plus de ses applications météorologiques, IASI-NG jouera un rôle clé dans la surveillance des gaz à effet de serre et de la qualité de l’air, répondant ainsi aux enjeux climatiques globaux. Ses performances accrues offriront des informations quantitatives précises sur les gaz à effet de serre et une meilleure connaissance des constituants chimiques de l’atmosphère, contribuant à l’estimation de la qualité de l’air.
Avec un horizon de données s’étendant jusqu’en 2047, IASI-NG s’inscrit dans une lignée historique d’observation atmosphérique, cumulant plus de 40 ans d’observations continues. Cet instrument représente une avancée majeure dans nos efforts pour comprendre et prédire les changements climatiques, tout en offrant des outils précieux pour la recherche scientifique et l’élaboration de politiques environnementales éclairées.
This second view combines data from a single spectral channel collected over several orbits to reveal a global view of atmospheric conditions. Captured on 7 October from the 11-μm channel, it showcases the thermal signatures of clouds and Earth’s surface. ???? pic.twitter.com/EMq8jMFj0E
— EUMETSAT (@eumetsat) October 22, 2025
La parole à Dorothee Coppens, Hyperspectral Competence Area Manager, aux questions sur IASI-NG.
Futura : Quelle est la précision des mesures de température et d’humidité fournies par l’instrument IASI-NG ?
Dorothee Coppens : La mission IASI-NG a pour objectif de mesurer les profils de température et d’humidité dans des scènes claires ou partiellement nuageuses, avec une grande précision (environ 1 K et 5 % respectivement) et une résolution verticale d’environ un kilomètre dans la basse troposphère.
Futura : Quelle est l’importance des spectres atmosphériques obtenus pour comprendre la composition chimique de l’atmosphère ?
Dorothee Coppens : IASI devait initialement mesurer 7 espèces chimiques et mesure finalement aujourd’hui 33 composés atmosphériques ! Avec ses performances améliorées, IASI-NG va permettre d’aller encore au-delà de ces excellents résultats :
- l’amélioration de la détection des sources de pollution : par exemple, la détection des pollutions locales industrielles comme l’Ethylène ;
- la mesure de nouvelles espèces : par exemple, la détection de composés organiques comme l’isoprène.
Dorothee Coppens : Le défi majeur est de tenir les spécifications très strictes de la mission et de garder à terme une très bonne qualité et stabilité pour permettre de continuer la très bonne série commencée par IASI il y a 20 ans. Pour cela, comme pour IASI, la période de calibration/validation est très intense et minutieuse, tout comme le monitoring mis en place dans la phase suivante, la phase opérationnelle.
Futura : Quels sont les principaux gaz à effet de serre que l’instrument est capable de mesurer et comment ces données peuvent-elles influencer les politiques climatiques ?
Dorothee Coppens : O3, CO, Volcanic SO2 plume, CH4, NH3, HNO3, CO2, N2O, la liste est longue. IASI-NG va mesurer au total plus de 35 gaz atmosphériques en 3 dimensions, car un sondeur fournit les profils de mesure des gaz. Aucun autre instrument au monde n’est capable de mesurer un nombre de gaz équivalent avec une telle précision.
Futura : Quelles améliorations techniques l’IASI-NG a-t-il apportées par rapport à ses prédécesseurs du programme Metop ?
Dorothee Coppens : IASI-NG est un nouveau concept de sondeur infrarouge permettant d’augmenter d’un facteur 2 la résolution spectrale et de diminuer d’un facteur 2 le bruit radiométrique.
Dorothee Coppens : Elles seront transmises via EUMETCAst, le service de diffusion d’Eumetsat en temps quasi réel de données et de produits satellitaires aux stations de réception des utilisateurs en utilisant des réseaux satellitaires ou des réseaux terrestres.