La canicule s’installe en France cette semaine avec
températures qui avoisinneront les 40°C dans certains départements
et même une alerte canicule rouge prévue en fin de semaine. Or, on
l’ignore souvent, mais quand les températures grimpent
aussi haut, certains médicaments peuvent avoir des effets délétères
pour notre organisme, en modifiant sa capacité d’adaptation à la
chaleur.
« En cas d’exposition à de fortes chaleurs, le corps met tout en
œuvre pour s’adapter et maintenir la température corporelle
constante à 37°C. Les vaisseaux sanguins à la surface de la peau se
dilatent pour favoriser une meilleure circulation du sang et
une transpiration plus efficace, ce qui va permettre à la
chaleur de s’évacuer plus facilement par les pores de la peau.
Le cerveau, quant à lui, déclenche une sensation de soif, ce qui
nous pousse à boire de l’eau. C’est ce qu’on appelle la
thermorégulation » . avertit ainsi l’Agence nationale de
sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Or,
lorsque l’on prend certains médicaments, ce système de
thermorégulation peut devenir défaillant. « Dans ce cas, le
corps se fatigue, sa température augmente et il se
déshydrate, il perd trop d’eau et de sels minéraux » alerte
l’ANSM.
Quels médicaments peuvent aggraver les effets de la chaleur
?
Parmi les médicaments susceptibles d’altérer l’adaptation de
notre organisme à la chaleur, on trouve bien évidemment ceux qui
ont des effets diurétiques, comme les traitements contre
l’hypertension, et ceux contre les maladies cardiaques ou
contre les œdèmes. Ces médicaments qui augmentent
l’élimination de l’eau par les reins risquent en effet de
renforcer la déshydratation en cas de fortes chaleurs.
Il n’est, bien évidemment, pas question de laisser tomber votre
traitement. Mais si vous prenez des diurétiques, il est important
d’être vigilant en cas de canicule, de boire moins de café (qui
renforce aussi l’effet diurétique) et de boire de l’eau
ou des infusions encore plus régulièrement que d’habitude.
Pourquoi certains traitements deviennent toxiques pour les
reins ?
De même, les reins courent un risque si vous combinez
déshydratation et prise d’aspirine, d’anti-inflammatoires, de
certains antibiotiques ou de traitements contre
l’épilepsie. Car les molécules actives de ces
médicaments seront plus concentrées dans votre corps si vous
manquez d’eau. Résultat, si vous ne buvez pas assez pour diluer les
composés médicamenteux, ce sont les reins qui trinquent.
C’est le cas aussi pour certains médicaments antiviraux comme
l’indinavir, le tenofovir, et l’atazanavir, qui peuvent altérer la
fonction rénale. L’ANSM recommande donc de vous hydrater
abondamment et d’éviter la prise d’aspirine et d’anti-inflammatoire
pendant une vague de chaleur ou un épisode de canicule.
>> Faut-il préférer le paracétamol ? Rien
n’est moins sûr, puisqu’une forte concentration de cette molécule
peut quant à elle endommager le foie. Que faire alors pour calmer
son mal de tête ? Commencer par boire beaucoup d’eau -les céphalées peuvent être
le signe d’une déshydratation ou d’un coup de chaleur – et opter pour des remèdes naturels comme les
compresses d’huile essentielle de menthe poivrée ou encore la
décoction de gingembre.
Quels médicaments bloquent la transpiration et augmentent le
risque de coup de chaleur ?
Autre classe de médicament à surveiller : ceux qui bloquent le
phénomène de transpiration. Car, quand il fait
chaud, le corps régule sa température en transpirant. Sans cette
thermorégulation, vous risqueriez le coup de
chaleur.
Or des neuroleptiques,
des antidépresseurs, des antihistaminiques, des
antispasmodiques ou des bronchodilatateurs peuvent altérer le
mécanisme de régulation thermique. Si ces médicaments font partie
de votre trousse à pharmacie habituelle, privilégiez d’autant plus
les lieux frais ou climatisés lors d’une vague de chaleur.
Attention cependant : ce n’est pas parce qu’il fait très
chaud qu’il faut décider seul d’arrêter un traitement.
« L’adaptation d’un traitement médicamenteux en cours doit être
considérée au cas par cas. En aucun cas il n’est justifié
d’envisager systématiquement une diminution ou un arrêt des
médicaments pouvant interagir avec l’adaptation de l’organisme à la
chaleur », rappelle l’ANSM, qui préconise plutôt de demander
conseil au médecin ou au pharmacien.
En résumé
Une vague de fortes chaleurs va frapper la France cette semaine
affectant potentiellement l’efficacité de certains médicaments
alerte l’ANSM.
Les médicaments diurétiques, les antihypertenseurs et les
antidépresseurs peuvent aggraver la déshydratation et devenir
toxiques pour les reins en période de canicule.
Mais attention, ce n’est pas parce qu’il fait chaud qu’il faut
arrêter votre traitement. Consultez toujours votre médecin.
Source : Fortes chaleurs et médicaments,
les bons réflexes, ANSM, juin 2026