Les changements physiologiques liés à l’âge peuvent avoir un impact sur la sexualité. Mais pour comprendre comment le vieillissement affecte notre vie sexuelle, il ne faut pas uniquement se limiter au corps. Beaucoup disent que leur sexualité est plus épanouie à 40, 50 ans qu’à 20 ou 30 ans. Vieillir c’est aussi avoir plus d’expérience et gagner en maturité !
La sexualité ne s’éteint pas forcément avec l’âge
Plusieurs enquêtes et études françaises se sont intéressés à l’âge et au sexe. Celles-ci montrent que beaucoup de personnes de 60, 70, 80 ans (et plus) continuent d’être actives sexuellement. Une enquête nationale (la plus vaste jamais réalisée sur le sujet) publiée en 2023 a montré que 56,6% des femmes et 73,8% des hommes restent sexuellement actifs après 50 ans. Un autre rapport publié en 2022 par l’association pour personnes âgées Les Petits Frères des Pauvres révélait qu’une personne âgée sur deux avait des relations intimes et que 91% d’entre elles en étaient satisfaites. Il est donc faux de croire que passé un certain âge, la vie affective et sexuelle n’existe plus.
Des changements physiologiques qui n’empêchent pas une sexualité riche
La première chose à laquelle on pense quand on parle de l’évolution de la sexualité au fil du temps, c’est le corps. Avec l’âge, certaines fonctions corporelles évoluent et peuvent avoir un impact sur la sexualité des hommes et des femmes.
Chez l’homme, l’érection peut mettre plus de temps à arriver ou être moins « vigoureuse » que par le passé. Cela est du notamment à une circulation sanguine moins efficace. Après un rapport, le temps de récupération peut aussi être plus long. Enfin, la quantité de sperme éjaculée peut être moins importante.
Chez la femme, la lubrification vaginale diminue au fil des années, à cause d’une baisse des oestrogènes. Un changement qui peut être plus prononcé chez certaines femmes après la ménopause. Le tissu vaginal est par ailleurs plus sensible ou plus sec et le temps d’excitation est plus long.
Tous ces changements (qui varient d’un individu à l’autre) sont tout à fait normaux. Ils n’empêchent pas une sexualité épanouie mais peuvent changer notre manière de faire l’amour. D’un point de vue physiologique, ce n’est pas tant l’âge qui peut avoir un effet négatif sur la sexualité que l’état de santé. Certaines maladies et troubles (diabète, maladies cardiovasculaires, douleurs articulaires) peuvent influencer la sexualité. Heureusement, il existe souvent des solutions pour y remédier. Si vous êtes concerné, parlez-en à votre médecin.
Moins de désir mais plus de plaisir ?
En 2012, une étude publiée dans la revue The American Journal of Medicine s’était intéressée au plaisir des femmes ménopausées. Les femmes ayant participé à l’étude avaient en moyenne 67 ans. Pour celles qui avaient déclaré être actives sexuellement, 67% d’entre elles disaient avoir un orgasme à chaque rapport ou presque.
Cette enquête avait aussi révélé que les femmes les plus jeunes étaient celles qui avaient le plus de désir. Néanmoins, elles étaient plus souvent insatisfaites de leurs ébats par rapport aux femmes plus âgées. On peut donc parler d’une baisse du désir liée à l’âge mais pas d’une baisse du plaisir. Si beaucoup de personnes avouent avoir une sexualité plus épanouie passé un certain âge, c’est parce qu’elles connaissent mieux leur corps, se sentent moins jugées et n’hésitent pas à privilégier les pratiques qui leur font vraiment plaisir au lit.
Vous l’aurez compris, l’âge ne met pas fin à la sexualité, il la transforme. A la question « Comment l’âge affecte-t-il notre vie sexuelle ? », il n’y a bien évidemment pas de réponse universelle car nous sommes tous différents et cette diversité se retrouve dans notre sexualité. Si certain(e)s reconnaissent avoir une vie sexuelle plus épanouissante à 50 ans qu’à 20 ans, d’autres sont nostalgiques de leur sexualité passée.