L’organe qui encaisse le plus vos excès du quotidien n’est ni
l’estomac ni les reins,
mais le foie. On le néglige souvent et pourtant c’est lui qui
filtre les toxines, régule la coagulation, et travaille en continu,
souvent en silence, jusqu’au jour où les analyses sanguines montre
qu’il est débordé et qu’il ne parvient plus
à faire son travail d’épuration.
Interrogés par le magazine Parade sur l’aliment
qu’ils supprimeraient en premier de leur alimentation pour protéger
leur foie, deux hépatologues ont donné la même réponse : l’alcool.
« Il peut
aggraver de façon cumulative tout problème hépatique
sous-jacent. Même une consommation modérée peut être néfaste,
surtout pour ceux qui ignorent peut-être souffrir de problèmes
hépatiques », explique la docteure Susan Kais, professeure de
médecine clinique à l’Université de Cincinnati (Etats-Unis).
Arrêter l’alcool, le conseil numéro un des hépatologues
Arrêter l’alcool pour protéger son foie n’est pas réservé aux
“gros buveurs”. La Pre Kais rappelle que « l’alimentation a un
impact sans précédent sur la santé du foie, probablement plus que
ce que la plupart des gens imaginent ». La recherche montre qu’il
augmente le risque de cirrhose et de maladie du foie même à petite
dose. Tout simplement parce qu’à chaque gorgée, le foie doit
métaboliser l’alcool en priorité pour le neutraliser, au détriment
de ses autres tâches : gestion des sucres, des graisses,
élimination des toxines.
Pour Susan Kais, « même une consommation modérée peut être
délétère, surtout chez les personnes qui ne se rendent pas compte
qu’elles ont un problème de foie ». En cas de stéatose hépatique (la
fameuse maladie du foie gras) ou de doute sur l’état de son foie,
viser 0 alcool et en parler à son médecin reste la stratégie la
plus protectrice.
Les autres ennemis majeurs du foie
L’alcool n’est pas le seul aliment à poser problème. Les sodas
et boissons sucrées contenant du sirop de glucose-fructose
augmentent le risque de
stéatose hépatique métabolique, la fameuse « maladie du foie
gras » qui se développe sur un terrain d’insulinorésistance. Les
fast-foods et aliments ultra-transformés avec leur cocktail de
graisses saturées, parfois de graisses trans, de sucres et
d’additifs forcent le foie à stocker plus de graisses et à
s’enflammer, jusqu’à se fibroser. Le Dr Jasmohan Bajaj confie
que « le premier aliment qu’il supprimerait de son alimentation pour
protéger son foie est la restauration rapide »
Pour
alléger durablement le travail du foie, les hépatologues
recommandent une alimentation de type régime méditerranéen : moins
d’aliments ultra-transformés, de sucres ajoutés et de graisses
saturées, plus d’aliments bruts, surtout végétaux, avec des
graisses insaturées (huile d’olive, noix, poissons). Ils insistent
aussi sur les fibres car des études ont montré que leur
consommation régulière est associée à une baisse du risque de
maladie du foie gras.
Comment commencer à protéger son foie
?
Concrètement, cela passe par des légumes à chaque repas, des
fruits entiers, des légumineuses et des céréales complètes, en
gardant l’eau comme boisson de base.
- Jours 1-2 : on supprime l’alcool à la maison (en plus, il n’est
vraiment pas recommandé
en période de canicule), et on le remplace par de l’eau
pétillante citronnée, des tisanes ou du thé glacé non sucré. - Jours 3-4 : on supprime les sodas et les jus de fruits
industriels, mais on peut conserver le café ou le thé sans sucre
ajouté. - Jours 5-7 : on limite le fast-food en préparant des assiettes
simples “protéine + légumes + huile d’olive”, et on ajoute toujours
une source de fibres (lentilles, pois chiches, pain complet) à
chaque repas.