La plupart des femmes s’inquiètent des maladies cardiaques, mais passent à côté de ce signe précoce


En France, les maladies cardiaques sont la première cause de
mortalité chez les femmes, tuant 200 femmes par jour. Le risque
explose notamment après la ménopause.

« La
ménopause, qui correspond à l’arrêt du fonctionnement des
ovaires, a pour conséquence la chute du taux des hormones,
notamment des œstrogènes. Si les œstrogènes exercent un rôle
cardioprotecteur pendant la vie reproductive, leur chute brutale
favorise une série de changements défavorables : modification du
profil lipidique, augmentation de la résistance à l’insuline,
redistribution des graisses, altération de la fonction
endothéliale, perte de la compliance
artérielle », 
expliquait le Dr Maitrot Mantelet,
praticien hospitalier en gynécologie médicale au sein de l’AP-HP, à
l’hôpital Cochin-Port-Royal, à Paris, à l’occasion d’une conférence de presse du
laboratoire Valbiotis donnée en mars 2026 à l’occasion du lancement
de la campagne Cœur en
jeu. 

Malgré tout, les symptômes cardiovasculaires
féminins sont bien moins connus du grand public et la disparité
entre les sexes dans les soins est une réalité. Preuve en
est : alors que la douleur thoracique est citée comme un
symptôme caractéristique d’une crise cardiaque auprès de la
population, près de 40% des femmes subissant une crise cardiaque ne
signalent aucune douleur thoracique.

« Nombre de femmes s’habituent sans se rendre compte que
quelque chose ne va pas »

 « Les femmes peuvent plutôt ressentir un
essoufflement, une fatigue inhabituelle, des nausées, des
indigestions, des vertiges, des douleurs à la mâchoire, des
douleurs dorsales ou simplement l’impression que quelque chose ne
va pas »,
détaille le cardiologue Naddi Marah, MD, FACC,
FSCAI, au média américain Eating Well.

Bien que symptôme courant chez les femmes, l’essoufflement est
pourtant très négligé, « car il se développe
progressivement ». « Nombre de femmes s’y habituent tout
simplement, modifiant leur mode de vie, par exemple en évitant les
escaliers ou l’exercice physique, sans se rendre compte que quelque
chose ne va pas »
, alerte le Dr Marah.

Cette mésinformation tend à minimiser la situation et à retarder
la prise en charge. « J’ai vu des femmes arriver à l’hôpital
pour un simple essoufflement, alors qu’elles étaient en réalité
victimes d’un infarctus »
, témoigne quant à elle la
cardiologue Zarina Sharalaya. « Bien sûr, d’autres causes
peuvent expliquer ces symptômes, mais il est essentiel de consulter
un médecin qui pourra également rechercher une origine cardiaque.
»

Quand s’inquiéter et aller consulter ?

L’essoufflement peut être un signe précoce de maladies comme la
maladie coronarienne, l’insuffisance cardiaque, les troubles du
rythme cardiaque ou les valvulopathies comme la sténose aortique.
« En tant que cardiologue structurelle, je vois
fréquemment des femmes atteintes de sténose aortique sévère — un
rétrécissement de la valve aortique — dont le premier symptôme est
un léger essoufflement lors d’activités quotidiennes »,

illustre le Dr Marah.

S’il est normal d’être essoufflée temporairement après un effort
physique, un essoufflement qui s’aggrave au repos ou inhabituel
lors d’activités auparavant faciles doit vos alerter. « Si vos
symptômes ne s’améliorent pas avec le repos ou l’arrêt de l’effort,
vous devriez consulter un service de soins urgents ou un service
d’urgences »,
insiste le Dr Sharalaya.

De même si vous présentez une douleur ou une pression
thoracique, des douleurs à la mâchoire, au cou, à l’épaule, au bras
ou au dos, des vertiges ou des étourdissements importants, des
évanouissements ou encore des palpitations cardiaques accompagnées
des symptômes précédents. Une fatigue inhabituelle, une diminution
de la tolérance à l’effort, des nausées, une prise de poids
inexpliquée et des gonflements des jambes sont également à signaler
à votre médecin.

Des symptômes trop sous-estimés par le
corps médical

Malheureusement, « ces symptômes sont généralement
confondus avec le stress, le vieillissement, la ménopause ou
l’anxiété, ce qui peut retarder le diagnostic et le
traitement »
, déplore le Dr Marah.

« Les femmes présentent des conséquences plus graves
que les hommes sur leur santé cardiaque, ce qui est lié à une
sous-estimation de leurs symptômes, qui peuvent être dus à un
problème cardiaque. Cette sous-estimation entraîne un nombre
insuffisant d’examens, ce qui conduit à un sous-diagnostic et à un
sous-traitement »,
développe le Dr Sharalaya.

Le fait que les femmes soient moins prises au sérieux par le
corps est médical est prouvé scientifiquement. En août 2024, une
étude de grande ampleur alertait
sur cet inquiétant phénomène dans la revue Pnas. Les
chercheurs y démontraient non seulement que la perception de la
douleur féminine était moins prise au sérieux par les soignants
mais aussi que les femmes étaient prises en charge aux urgences en
moyenne 30 minutes plus tard que les hommes.

Si vous avez le sentiment que votre médecin minimise vos
symptômes, n’hésitez pas à demandez un deuxième avis.



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